1855.com : le plus grand scandale de vente de vins en ligne

Le site 1855.com est au coeur du plus grand scandale de vente de vins en ligne. 1855.com était un site de vente de vins en ligne fondé par deux anciens de la prestigieuse école de commerce HEC : Emeric Sauty de Chalon et Fabien Hyon. Le site est aujourd’hui fermé, accusé d’avoir arnaqué près de 11 000 clients pour un passif de 40 millions d’euros. L’avocat des deux fondateurs prend leur défense en déclarant un raté économique. Raté économique ou gigantesque arnaque, qu’en est – il vraiment ?

Créé en 1999, le site e – commerce 1855.com est lancé et se spécialise dans la vente de vins et de grands crus en ligne. En 2007, Emeric Sauty de Chalon est désigné entrepreneur modèle de l’année par le Sénat et l’école de commerce ESSEC. En 2011, la société Héraclès, qui gère 1855.com, rachète un de ses concurrents : Chateauonline. En 2012, la société réalise un chiffre d’affaire de plus de 7 millions d’euros. L’histoire semble bien commencer sauf que depuis avril 2012, les plaintes s’accumulent auprès de la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes.

Aujourd’hui, l’affaire défraie la chronique. Le site 1855.com est fermé, la société Héraclès (qui gérait le site) est en cours de liquidation et un enquête est ouverte. Les poursuites s’accumulent contre les dirigeants, accusés d’escroquerie et de détournement de fonds, selon différentes sources. Dans les faits, près de 11 000 clients sont mécontents car ils n’ont jamais reçus leurs commandes. France Soir nous révèle par exemple qu’un chef d’entreprise, Xavier Azalbert, a été victime de cette machination et a perdu 9000 euros. Sa commande ne lui a jamais été livrée. Selon France Soir encore, certains clients ont perdu de la même façon jusqu’à 200 000 euros. Le site du parisien nous apprend même qu’en 2012, 1855.com a vendu du Château d’Yquem 2012, une cuvée des prince du Sauterne, vin qui n’a jamais existé car jamais produit. Au total, le préjudice est estimé à 40 millions d’euros minimum.

Le parisien a recueilli les propos de Mme Hélène Poulou, défendant les intérêts de plus de 300 clients dans cette affaire. Elle affirme que « la société vendait des vins qu’elle ne possédait pas en stock ». Les fondateurs « ont imaginé vendre des vins sans passer par les courtiers et les négociants bordelais chez qui ils ne réservaient pas les vins ». Elle précise qu’ils « n’ont jamais eu l’intention de livrer les clients. »

Maitre Philippe Blanchetier est quant à lui l’avocat des deux fondateurs. Il plaide au Parisien – Aujourd’hui en France que les deux entrepreneurs « ont été victime de l’establishment bordelais » et dénonce ‘les négociants bordelais qui remettaient à la vente les lots de vins réservés dès qu’il s’agissait de 1855.com.

Deux versions se confrontent donc dans cette enquête, impliquant au passage, selon le magazine du vin my bettane desseauve, un des principaux actionnaires : Jean- Pierre Meyers, mari de françoise Bettencourt – Meyers. L’enquête statuera sur le sort des différents acteurs engagés. Cette nouvelle met également en évidence une chose : un outil puissant, comme l’est le numérique ou le web peut de façon mal maîtrisée ou dans de mauvaises mains créer d’importants préjudices. Il ne faut cependant pas remettre en cause l’outil mais bien ceux qui l’utilisent.

 

 

 

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